154
TUIîGOT
Miroménil, le premier président d’Aligre et Ségnier,avocat du roi.
« Messieurs, dit le roi, je vous ai assemblés pourvous faire connaître mes volontés; mon garde dessceaux va vous les expliquer. »
Miroménil prit alors la parole, il exposa sommai-rement les édits, en les justifiant, y compris celuisur la suppression des corvées, qu’il avait combattuavec tant de persévérance dans le sein du Conseil.Son discours est en quelque sorte une analyse, fortcourte d’ailleurs, du préambule général et des préam-bules spéciaux à chaque édit. Les devoirs de sacharge le forçaient à défendre ce qu’il avait si vive-ment attaqué.
Le premier président, parlant au nom du Parlementaprès le garde des sceaux, s’exprima dans un stylepompeux et comme sous le coup de l’épouvante.
« Sire, en ce jour où Votre Majesté ne déploieson pouvoir que dans la persuasion qu’elle faitéclater sa bonté, l’appareil dont Votre Majesté estenvironnée, l’usage absolu qu’elle fait de son auto-rité, impriment à tous ses sujets une profonde ter-reur et nous annoncent une fâcheuse contrainte_
Pourquoi faut-il qu’aujourd’hui une morne tris-tesse s’offre partout aux augustes regards de VotreMajesté. Si elle daigne les jeter sur le peuple, elleverra le peuple consterné; si elle les porte sur lacapitale, elle verra la capitale en alarme.... Cet édit(l’édit sur les corvées), par l’introduction d’un nouveaugenre d’impositions perpétuelles et arbitraires sur