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TURGOT
ordonne que l’édit qui vient d’être lu sera enregistréau greffe de son Parlement. »
Le même cérémonial fut suivi pour les autres édits,c’est-à-dire pour l’édit sur la police des grains à Pariset pour la suppression des offices dans les halles.L’édit sur l’abolition des jurandes vint en quatrième.
Séguier, pour exposer les motifs du Parlementde se refuser à l’enregistrement de l’édit sur lesjurandes, fit une harangue beaucoup plus longueque les précédentes.
Pour lui, les communautés pouvaient être consi-dérées comme autant de petites républiques, uni-quement occupées de l’intérêt général de tous lesmembres qui les composent, et, s’il est vrai quel’intérêt général se forme de la réunion des intérêtsde chaque individu en particulier, il lui paraissaitégalement vrai que chaque membre, en travaillantà son utilité personnelle, travaillait nécessairement,même sans le vouloir, à l’utilité véritable de toutela communauté. Relâcher les ressorts qui font mou-voir cette multitude de corps différents, anéantir lesjurandes, abolir les règlements, en un mot désunirles membres de toutes les communautés, c’est dé-truire les ressources de toute espèce que le com-merce lui-même doit désirer pour sa conservation.
L’avocat du roi montrait ensuite l’ouvrier isolélibre de donner dans tous les écarts d’une imagi-nation souvent déréglée, ayant soif du gain et pré-parant des moyens secrets pour rendre dupes lesnationaux comme les étrangers. « Ce sont ces gênes