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Turgot / par Léon Say
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TURGOT

ceptées par le cabinet noir. Dupont de Nemours larapporte longuement.

Toutes ces manœuvres secondaires ont pu avoirquelque effet et contribuer à aigrir l’esprit duroi, mais l’opposition de la reine, la démission deMalesherbes qui survint à ce moment, et les lettressingulièrement dures et passablement hautaines queTurgot écrivit au roi pour combattre l’influence deMaurepas et pour lui demander de donner à Males-herbes un successeur ami des réformes, expliquenttrès suffisamment la crise finale.

Dans une monarchie absolue comme celle deLouis XVI, tout aussi bien que dans un gouver-nement parlementaire, comme les gouvernementsmodernes, les crises ministérielles se produisent tou-jours sur des questions de confiance. Turgot avaitperdu la confiance du roi, aucun arrangement minis-tériel ne pouvait la lui rendre. Il ne s’agissait plusde faire entrer dans la combinaison tel ou tel per-sonnage, pour s’appuyer sur lui dans la lutte contreles privilégiés. Le parti du roi était pris, et c’étaittout : de même qu’un ministre parlementaire nepeut rien faire pour se maintenir quand la majoritédes Chambres a pris son parti de lui retirer sa con-fiance, Turgot n’avait de même rien à faire, parce quele roi ne voulait plus de lui ; il aurait été mieux in-spiré s’il avait envoyé sa démission en même tempsque Malesherbes. Au lieu de se retirer, Turgot, dontle roi depuis quelque temps évitait l’entretien, écrività Louis XVI quatre lettres secrètes, pour ainsi dire