DISGRACE DE TÜRGOT
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en forme de mémoires, sur lesquelles il y en a deuxqui sont heureusement parvenues jusqu’à nous.L’abbé Soulavie en avait parlé dans son histoirediffuse et confuse; il avait affirmé que, dans l’uned’elles, Turgot avait dit au roi « une vérité dure,terrible, épouvantable; il marque à ce jeune princené craintif et timide que la destinée des princesfaibles est celle de Charles I er ou de Charles IX ».A en croire Soulavie, il aurait vu ces lettres dansles papiers de Louis XVI ; celle où il est questionde Charles I er aurait été placée par le roi « dans uneenveloppe cachetée du petit sceau royal grand commeune centime, avec cette inscription de sa main :Lettres de Turgot ». L’assertion de Soulavie n’avaitjamais été prise très au sérieux par les historiensde Turgot, quand M. de Larcy en découvrit, en 1808,dans les mémoires de Very, le texte entier. C’estun document si curieux et qui jette tant de lumièresur les derniers jours du ministère de Turgot quenous en transcrirons plus loin un certain nombrede passages. Une découverte plus récente est venued’ailleurs lever tous les doutes qu’on aurait pu avoirsur l’existence des lettres en question et sur l’au-thenticité de celle que M. Larcy a publiée. M. lemarquis Turgot a trouvé dans les archives du châteaude Lantheuil un papier qui avait servi de chemiseà un dossier, dont il ne restait plus rien; mais surcette chemise Malesherbes avait écrit de sa mainles observations qui suivent : « Cette liasse contientquatre lettres écrites par M. Turgot au roi dans le