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Turgot / par Léon Say
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TURGOT

temps qu’il fut question du choix de mon successeur.M. Turgot écrivait au roi avec le zèle que le ministrele plus dévoué au service du roi doit avoir, et avecla confiance qu’on a pour l’ami le plus sûr.

« Il lui dit, dans les termes les plus clairs, cequ’il pensait de ceux qui sont à la tête de l’adminis-tration et des sujets propres à remplir la place va-cante. Et quand il parle même de ses amis, il necroit pas devoir dissimuler au roi les défauts qu’illeur connaît.

« La vertu la plus austère règne dans ces quatrelettres; mais, d’une part, il serait très fâcheux, pourceux dont il parle, qu’on sût ce qu’il a dit au roidans cette confiance intime; et rien n’est certaine-ment plus contraire aux intentions de M. Turgotque de laisser, par écrit, des notes de ce qu’il a crudevoir dire au roi seul.

« Moi qui en parle, je n’y ai aucun intérêt per-sonnel, car il me loue sans restriction. Ce n’est pasqu’il ne me connût sûrement des défauts, car j’en aibeaucoup; mais, comme j’allais sortir de place, l’in-térêt du service du roi n’exigeait pas qu’ils lui fus-sent dits; aussi ils ne l’ont pas été. Mais il y aplusieurs personnes nommées au nom de qui jeréclame le secret le plus absolu, quoiqu’ils ne m’enaient point chargé, parce qu’ils ne savent pas cequi est dit d’eux, et ceux pour qui je ne me mêlepas de réclamer, n’ont pas un moindre droit pourdemander à la famille la suppression de ces pièces.De plus la famille de M. Turgot ne peut y avoir