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TURGOT
La copie d’une des quatre lettres avait été probable-ment envoyée à Very par Turgot lui-même, qui avaitvoulu lui faire savoir dans quels termes il avait in-sisté pour qu’on le choisît en remplacement de Ma-lesherbes et qu’on lui donnât le ministère de lamaison du roi.
Une autre a été copiée par Soulavie et insérée parlui dans ses Mémoires historiques , en annexe, parmiles pièces justificatives. Elle a trait à la requêted’un sieur Chanvallon qui poursuivait la révisiond’un procès et cherchait à compromettre le prési-dent, frère de Turgot, et Turgot lui-même. C’étaitune trame de Sartine, et Turgot la dénonçait au roi.
« L’année passée, M. de Sartine m’instruisit detoutes les démarches, me demanda, pour ainsi dire,mon consentement, que je n’avais garde de refu-ser, voulut que, malgré moi, j’assistasse au rapportparticulier que M. Chardon lui fit chez lui de toutel’affaire, et aujourd’hui tout se passe mystérieuse-ment et n’éclate que malgré M. de Sartine. Ce n’estplus moi qu’on avertit d’avance. On sait pourtantque je ne suis pas homme à demander contre quique ce soit un déni de justice ; mais c’est M. de Clioi-scul qu’on prévient avant son départ pour Chante-loup. Pourquoi donc cette différence ? Il est aisé del’expliquer : l’année dernière l’arrivée de M. deMalesherbes dans le ministère, les bontés que VotreMajesté m’avait marquées, ne donnaient pas l’es-pérance de me renverser, et l’on voulait me gagner,ou du moins paraître désirer mon amitié. Cette