KETIÎAITJî DË TUiîGOT
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vous persistassiez à vouloir le réaliser. Il m’est incon-cevable que vous ayez seulement pu en avoir l’idée ;il n’y a cependant plus moyen de douter que vousn’ayez déjà consulté le Parlement sur les nouveauxédits qui doivent révoquer ceux qui ont fait l’objetdu dernier lit de justice. Il vous paraîtra certaine-ment étrange que j’imagine de vous écrire à cetteoccasion; ce (n’est) pas de moi que vous attendezdes conseils et je ne dois pas présumer que les miensvous fassent changer d’avis; les réflexions même quej’ai à vous présenter sont si simples, si grossière-ment évidentes qu’il paraît moralement impossiblequ’elles ne (se) soient pas présentées à vous ; maisplus elles sont naturelles et palpables, plus elles sontconformes à la façon de penser que je vous ai tou-jours connue, plus je dois croire cjue quelque motifextraordinaire vous a fait fermer les yeux à leur évi-dence. Je veux donc essayer de vous rappeler àvous-même, à ce que vous avez mille fois pensé etdit, à ce que vous devez au public, au roi, à votrepropre réputation, d’opposer votre conscience à lapassion, qui, perrnettez-moi de vous le dire, vousdéguise jusqu’à votre propre intérêt. Pardonnez-moicette franchise, Monsieur; mon intention n’est pointde vous blesser par des vérités dures; mais vous meconnaissez assez pour juger que je ne puis voir sansun sentiment très douloureux déti’uire un très grandbien auquel j’avais eu le bonheur de contribuer, quela volonté du roi avait soutenu contre les obstaclesqu’on y avait opposés, et que je devais croire solide-