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ment affermi. Je suis sensible sans doute à cet inté-rêt; j’ose l’être encore à l'honneur du roi, qui peutêtre compromis par un changement si prompt, etqui doit m’être cher, comme citoyen et comme ayanteu part à sa confiance et à ses bontés. »
La lettre se terminait là, et n’a point été conti-nuée. Turgot eut la douleur de voir supprimer sesédits. S’il avait vécu dix ans de plus, il aurait eula joie de les voir de nouveau et pour toujoursreprendre leur place dans le code de nos lois; maissa santé était chancelante et ses attaques de gouttese renouvelaient incessamment. Il n’avait plus quequelques mois à vivre. La poésie occupa ses der-niers jours. Il avait terminé sa traduction du qua-trième chant de VEnéide en vers métriques. 11 faisaiten vers rimes des traductions d’Horace. Dupont deNemours raconte que pendant sa dernière maladieTurgot lui dicta la traduction en vers de l’odeÆquam memento.
Un môme torrent nous entraîne;
Un môme gouffre nous attend.
Nos noms jetés confusémentS’agitent dans l'iirnc incertaine.
Tôt ou tard le sort les amèneEt désigne à chacun son tour,
Pour passer l’onde souterraineDont le voyage est sans retour.
Turgot mourut à Paris le 18 mars 1781 avec lafermeté d’âme d’un homme dont Malesherbes a pudire qu’il avait le cœur de l’Hôpital et la tête deBacon. 11 fut inhumé d’abord dans l’église des Incu-