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Turgot / par Léon Say
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autorité, comme si elle eût été régulière : tandis quilvoulait au contraire les détruire en tant quorganesdu gouvernement et les mettre hors détat dexercer,comme corps, une influence quelconque sur ladmi-nistration du royaume.

On sest bien aperçu après la chute de Turgot dela raison qui inspirait, instinctivement ou non, larésistance des privilégiés à ses réformes. La réac-tion qui sest produite ne sest pas bornée à labro-gation des édits qui venaient dêtre enregistrés en litde justice; elle a poursuivi en même temps un butpolitique général, qui était de consolider le régimeet den tirer les conséquences les plus extrêmes.Necker, après avoir servi la réaction, a été emportépar elle, comme devait lêtre plus tard Calonne. Laconstitution de l'Etat, refaite avec patience par leParlement et la noblesse, prenait une forme de plusen plus tangible. La monarchie française dégénéraiten une oligarchie de privilégiés, maîtres de la cou-ronne et assez puissants pour empêcher le roi dejouer, même sil en avait eu le désir, son rêde deprotecteur du peuple contre les empiétements desgrands.

Piien nest plus affligeant ni plus extraordinaireen même temps, que la réaction qui sest produiteaprès le premier ministère de Necker. Jamais les-prit de privilège ne sest montré plus exigeant quen1781. Les roturiers avaient pu jusque- figurer dansles cadres dofficiers, et bon nombre dentre euxsous Louis NIV, sous Louis NV et même dans les