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autorité, comme si elle eût été régulière : tandis qu’ilvoulait au contraire les détruire en tant qu’organesdu gouvernement et les mettre hors d’état d’exercer,comme corps, une influence quelconque sur l’admi-nistration du royaume.
On s’est bien aperçu après la chute de Turgot dela raison qui inspirait, instinctivement ou non, larésistance des privilégiés à ses réformes. La réac-tion qui s’est produite ne s’est pas bornée à l’abro-gation des édits qui venaient d’être enregistrés en litde justice; elle a poursuivi en même temps un butpolitique général, qui était de consolider le régimeet d’en tirer les conséquences les plus extrêmes.Necker, après avoir servi la réaction, a été emportépar elle, comme devait l’être plus tard Calonne. Laconstitution de l'Etat, refaite avec patience par leParlement et la noblesse, prenait une forme de plusen plus tangible. La monarchie française dégénéraiten une oligarchie de privilégiés, maîtres de la cou-ronne et assez puissants pour empêcher le roi dejouer, même s’il en avait eu le désir, son rêde deprotecteur du peuple contre les empiétements desgrands.
Piien n’est plus affligeant ni plus extraordinaireen même temps, que la réaction qui s’est produiteaprès le premier ministère de Necker. Jamais l’es-prit de privilège ne s’est montré plus exigeant qu’en1781. Les roturiers avaient pu jusque-là figurer dansles cadres d’officiers, et bon nombre d’entre euxsous Louis NIV, sous Louis NV et même dans les