RÉACTION, TRIOMPHE DEFINITIF
191
tution française, il est défendu de les rétablir de fait,sous quelque prétexte et quelque forme que ce soit. »Cependant on pouvait apercevoir déjà le germe dudissentiment qui devait bientôt se faire jour entreles réformateurs, les uns dévoués à la liberté, l’ac-cordant à leurs adversaires comme ils se l’assuraientà eux-mêmes, les autres portés à défendre les droitsde l’Etat jusqu’à l’oppression des individus : leslibéraux et les jacobins. « On allait voir d’autres ré-volutionnaires, dit Louis Blanc, donner de la liberté,telle que la comprenaient les révolutionnaires de 89,une définition nouvelle. A ceux-là nous entendronsdire : La liberté consiste non dans le droit, maisdans le pouvoir accordé à l’homme d’exercer, de dé-velopper ses facultés sous l’empire de la justice et lasauvegarde de la loi. »
Marat prit dans son journal, l'Ami du peuple, ladéfense des corps de métiers. « Rien de mieux sansdoute, écrivait-il le 1(5 mars 1791, que d’affranchir lescitoyens des entraves qui s’opposent au développe-ment des talents et qui retiennent les infortunés dansl’indigence. Mais je ne sais pas si cette liberté plé-nière, cette dispense de tout apprentissage, toutnoviciat, pour exercer tel ou tel métier, telle ou telle
profession, est bien vue politiquement_Le premier
effet de ces décrets insensés est d’appauvrir l’Etaten faisant tomber la manufacture et le commerce; lesecond effet est de ruiner le consommateur en dé-penses éternelles.... Dans chaque Etat qui n’a pasla gloire pour mobile, si du désir de faire fortune