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TURGOT
l’avocat général Séguier et dans un style d’ailleursassez étrange.
Turgot était « né avec un caractère inflexible etabsolu; ses opinions, qui en avaient pris la teinte,étaient dégénérées en esprit sectaire ». Les corpo-rations qu’il avait détruites avaient été reconstituéesaprès sa disgrâce; leurs abus, disait-on, avaient dis-paru, et elles avaient rendu au commerce et à l’indus-trie les plus grands services. C’est à ces corporationssagement réglées que Levacher et les marchands deParis demandaient qu’on revînt. Il faut « opposerdes obstacles à cette manie mercantile qui précipitedans la carrière de l’industrie une foule d’aventu-riers qui la déshonorent ». La Chambre de com-merce de Paris, saisie de cette requête, l’examina et,restant fidèle à l’opinion qu’elle avait exprimée plu-sieurs fois, maintint sa première délibération, « letemps et la réflexion n’ayant fait que fortifier à cetégard l’opinion de la Chambre ». En 1821, nou-velle pétition, nouvelle délibération de la Chambrede commerce, affirmation des convictions inébran-lables de ses membres.
« La Chambre, délibérant sur cette communica-tion... et considérant... en outre que les progrèsimmenses de l’industrie française depuis l’époque oùelle a été affranchie du monopole des maîtrises aver-tissent suffisamment du danger des innovations quel’on voudrait introduire dans la législation actuelle,...s’élève, comme l’ont fait ses prédécesseurs etàlamêmeunanimité, contre l’écrit adressé aux deux Chambres. »