RÉACTION, TRIOMPHE DEFINITIF
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En février 1848 les corporations reprirent faveur.Ceux qui proclamaient le droit au travail et dont ladoctrine se résumait dans la formule de l’organisa-tion du travail, parurent être un moment les maîtresdu pouvoir; mais ils effrayèrent la nation, et leursidées périrent dans les journées de Juin.
Ainsi les doctrines de Turgot avaient traversé,sans être atteintes, les époques les plus dangereusespour les idées économiques libérales : la Convention,l’Empire, la Restauration, la révolution de Février.Napoléon aurait voulu faire, des corporations recon-stituées et placées sous sa main de fer, un instrumentde police; il a fait rédiger un projet de loi dans cesens, mais il a dû y renoncer. La Restauration avaitrendu le courage à ceux qui déploraient le renver-sement des anciennes institutions de la France,et cependant elle n’a rien fait pour revenir à l’an-cienne organisation de l’industrie. Toutes les tenta-tives avaient successivement échoué devant uneindifférence générale, devant les soupçons que fai-saient naître les prétentions de l’esprit de monopolequi ne satisfaisait un intérêt que parce qu’il menaçaittous les autres, et aussi devant les craintes d’unetyrannie populaire et révolutionnaire.
C’est à la lutte mémorable que Turgot avait sou-tenue en 1776 que la France moderne a dû d’échapperà la réaction contre l’affranchissement du travail.
Le coup frappé par Turgot avait été mortel pourles corporations. Le rétablissement qu’on en avaitfait après sa disgrâce avait été incomplet, en ce sens