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Turgot / par Léon Say
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CONCLUSION

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Quand on dit de l’industrie familiale qu’elle apéri parce que la liberté du travail a isolé l’ouvrieret parce qu’elle a permis aux patrons d’agrandirleurs ateliers, d’absorber tout le travail dans d’im-menses usines et tout le commerce dans des maga-sins colossaux; quand on parle de ces extensionscomme si elles étaient la cause de tous les malheursde notre siècle, on exagère doublement : d’abordparce qu’on représente le xvm e siècle et son indus-trie familiale très inexactement et sous un jour beau-coup trop favorable; ensuite parce qu’on attribueen premier lieu à la liberté du travail des effetsqu’elle n’a pas produits et en second lieu au tempsprésent des vices qui ne lui sont pas propres.

On peint le xvin 0 siècle comme s’il n’avait connuni la misère, ni les luttes de classes, ni les difficultésouvrières, ni les grèves; comme si la moralité desfamilles ouvrières y avait été très supérieure à celledes ouvriers de nos jours; comme si les ouvriersavaient toujours été des frères et les apprentis tou-jours des fils, pour les maîtres vertueux qui lesemployaient et qui n’étaient pas encore tourmentésde cette âpreté pour le gain qui caractériserait nosindustriels modernes.

La vérité est que la condition des classes labo-rieuses, sous l’ancien régime, n’était ni plus heu-reuse ni plus morale qu’aujourd’hui. Il n’est pasdouteux, pour ceux qui ont étudié l’histoire desouvriers, que depuis un siècle les progrès de leurbien-être ont été immenses et que ceux de leur mora-