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MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE.
translations et aultres biens dignes de mémoire, qu’ilfait aujourd’huy à extimer entre les sachans, les expé-rimentez et les recommendez de nostre temps, ou quene m’a Dieu donné l’influence de rethoricque si prompteet tant experte, comme à maistre Jehan Molinet, hommevenerable et chanoine, et lequel je sçay estre laborieuxet songneux de mettre par escript toutes haultes etvertueuses adventures venues à sa cognoissance. Et lacause pourquoy je parle de ces trois est pour ce queje les ai hantez et cogneus, et puisque je ne puisattaindre à la practique de leur sçavoir, je au moinsferay 1 et adreceray mes mémoires cy après escriptesdevant ceulx d’iceulx qui me survivront 2 , affin que s’ily a chose qui puisse amplier et aydier leurs haultes etsolempneles euvres, ilz s’en aident et servent, commecelui qui fait ung chappel de marguerites, roses etaultres fleurs plaisans et précieuses, et à la fois y met 3aultres flourettes de moindre extime, pour paracom-plir et parfaire son chappelet et donner couleur etlustre au demourant.
Sy prie Dieu que mon euvre leur soit agréable, et àvous, mon souverain seigneur, prouffitable et de bonexemple, vous recommandant l’auteur 4 vif et mort,qui vous serviroit voulentiers loyaument de coer etde pensée.
Et pour ce qu’il peut advenir que, par la cause de
1. « Mais, pour ce que je ne puis atteindre à la pratique dusavoir de ces trois (desquels j’ay expressément parlé, pour ce queje les ay hantés et cognus) à tout le moins je feray, » etc.
2. « A ceux d’iceux qui me serviront. »
3. « 8e sert d’autres, » etc.
4. « L’acteur. » (Ms. n* 2869.)