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Tome premier.
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MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE. 51

et jusques au Rin ; et estoit ce royaulme plain de gensautant adonnez aux armes que nul aultre 1 de leurs voi-sins. Par quoy les Roys et les pays firent de moultgrans choses dont je me passe et abrégé la matière, leplus que je puis. Et dura le royaulme de Bourgoingnejusques au temps du Roy Clovis, le premier Roy cres-tien de France, et dont je diray comment et par quelvoye ce puissant royaume de Bourgoingne fut dimi-nué à duchié.

Mon souverain seigneur, il est bon 2 que vous enten-dez que les grans seigneuries sont portées et entre-tenues de Dieu seulement, non pas par 3 la puissancedes Roys ou des princes qui sont hommes mortelz;et, selon qu’ilz acquièrent envers Dieu mérité de regneret qu’ilz entretiennent leur peuple en justice et à ladiscipline de la saincte foy crestienne et à garder sescommandemens, Dieu leur permet et fait ayde àdemourer princes puissans et en honneur et prospérité,ou les laisse périr, et leur peuple souffrir par l’abomi-nation de leurs vices ; et £ la fois il advient que lessubjects sont rebelles et desobeissans et quierent dedestruire et amenrir 4 la puissance de leur Roy et deleur seigneur, par quoy fortune se tourne contre eulxet laisse le malheur convenir. Et se peut comparer 5 àcelluy qui gouverne ung orloge. Et tant et si longhe-ment que le maistre y met ses mains et qu’il le visite,

1. « Nuis des autres. »

2. « Besoing. »

3. « Et non pas de. »

4. Amoindrir.

5. b Et en tel cas peut on comparer Dieu à coluy qui gouverneun horologe, car, tant, etc. »