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mémoires d’olivier de la marche.
enoincts 1 . Et certes Clovis fut tant bon et tant ver-tueux que ce n’est pas merveille se Dieu luy monstraespeciale grâce. Le Roy Clovis et Clotilde vesquirenten grant prospérité enssemble, et moult augmentèrentla loy de Jhesucrist et le royaulme de France. Eteurent pluseurs enfans qui depuis furent Roys deFrance ; mais, combien qu’ilz fussent yssus de ce bonRoy et de celle vertueuse Royne, les enfans ne succé-dèrent pas ès 2 meurs et bonnes conditions, mais à laseigneurie, et furent tirans, et emprinrent l’un surl’aultre. Et à leurs cousins, nepveux de Clotilde, leurmere, osterent leur seigneurie de Bourgoingne, firentles ungs morir, les aultres chastrer et les aultresmoisnes. Et de ces cruautez porte assez tesmoingnagele fait de sainct Clou, lequel yssit de iceulx Roys deBourgoingne ; et tant fut diminué le royaulme, qu’ildevint duchié, moitié force, moitié amour, comme lecouche la cronicque.
Et ainsy je 3 vous ay monstré comment Bourgoingnefut premiers nommée Allobrogie, et comment par lesbourgs dont elle fust édifiée fut nommée Bourgoingne,qui encoires dure, dont vindrent les premiers Roysd’Allobrogie et depuis de Bourgoingne ; comment eutnom le premier Roy de Bourgoingne crestien, et qui leconvertit à la foy de Jhesucrist ; comment et pourquoyl’ensaigne de Bourgoingne est la croix saint Andrieu,et comment ce royaulme est devenu duchié, et quelessont les armes de Bourgoingne d’ancienneté, etaussy d’où vient vostre noble pere, et qui fut vostre
1. V. la Légende des Flamens, déjà citée, p. 18.
2. « Pas en. »
3. « Or vous ay je. »