58 MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE.
bysayeul, ayeul, grant pereetpere, et les alliances dechascun par mariage, pour vérifier vostre noble des-cente.
Si est doncques bien raison semblablement que jereviengne à la genealogie, en tel et pareil cas, devostre noble mere. Et commencerons au besayeul devostre dicte mere, pour mieulx attaindre la vérité devostre descente qui est [d’jung point plus hault que jen’ay pris du costé paternel, ce qu’il me fault faire pourmieulx donner à entendreja descente de vous du costéde France. Sy soye excusé des lisans, car je croy quela longheur de ma matière, touchant ce point, n’ensera en riens plus enuyeuse.
Revenons doncques [à escrire] qui fut bysayeul 1de vostre noble mere; ce fut le duc Phelippe, filzdu Roy Jehan de France. Celluy Phelippe de Francefut longhement appellé Phelippe sans Terre, pource qu’il estoit le dernier des quattre filz que le RoyJehan de France avoit, et depuis fut duc de Tou-raine et fut nommé Phelippe le Hardy, par la bouchedu Roy d’Angleterre, son ennemy, pour trois actesqu’il fist, si honnestes et si hardis qu’il mérita d’avoirnom ou sournom non pas de hardy prince seulement,mais de hardy chevalier. Et vault bien ce cas que jedeclaire et dye les causes de ce tiltre, affin que vousentendiez que selon les vertus ou vices sont sournom-mez vulgairement les princes, et que teles que serontvos euvres, tel sera vostre nom. Et en ce je procede-ray non pas par le récit des cronicques seulement,
1. Correction incomplète de Sauvage, au lieu de : « qui futvostre bysayeul de vostre noble mère. » Philippe le Hardi étaittrisaïeul de Marie de Bourgogne.