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MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE.
mais par le rapport des recitans et dont n’est pas tropancienne la mémoire. Et de ces trois poins d’où seprist ce nom digne de recommandacion, le premierfut que, quant le prince de Galles, filz de Edouart,tiers de ce nom, Roy d’Angleterre, desconfit à Poitiersle Roy Jehan de France, icelluy Roy Jehan avoit avec-ques luy tous ses filz. Et quant le Roy, qui moult vail-lamment de sa personne se porta celluy jour, vit ladesconfiture tourner contre luy, pour le bien de sonroyaulme et en amour paternele, il fist départir sesenfans à son povoir de la bataille et les fit mettre àgarant. Mais Philippe, le maisné, pour pryere ne pourcommandement, pour dangier, ne pour fortune, nevolt 1 habandonner son seigneur et son pere. Et futprins avecques luy, qui fut le premier jugement parquoy il fut appellé Phelippe le Hardy, et avecques leRoy, son pere, fut mené prisonnier au Roy d’Angleterre 2qui les traitta moult honnourablement. Et advint,durant icelle prison, que ? à l’occasion de la prinse duRoy de France, aucune question fut d’un chevalieranglois qui pretendoit droit à la foy du Roy, et pourceque le Roy franchois en son affermement ne déposapas au gré du chevalier demandeur, il se troubla. Etcuida Phelippe, le filz, entendre qu’en ses argus ildesmentoit le Roy, son pere, et, en la presence duconseil d’Angleterre, où il ot pluseurs princes, cheva-liers et barons, il haulcha le poing et tel cop luy donnaqu’il demoura tout estourdy, et luy dit : « Desleal che-valier, t’appartient il de desmentir si noble personne
1. « Voulut. »
2. « Leur ennemy. »