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MÉMOIRES D’OLIVIER DE. LA' MARCHE.
fut pour deux causes nommé Phelippe le Hardy, et estbesoing que je parle de la tierce fois 1 et continuacionde ce nom. Durant la prison en Angleterre du RoyJehan de France et de Phelippe, son fïlz, le prince deGales, filz du Roy Edouart, Roy d’Angleterre, — quise tenoit pour la pluspart du temps en Guienne et enAquitaine et ès seigneuries que le Roy d’Angleterre,son pere, tenoit lors decha la mer, et fut celuy princede Gales qui gaigna la bataille de Poitiers et prist leRoy Jehan de France, et en ce temps fut icelluy princel’un des renommez et doubtez princes de la crestienté,— celluy prince *honnoura moult le Roy de France en saprison 3 , et moult de privautez et bonnes compaignieseut avecques Philippe de France. Et advint une foisque, eulxdeuxjouans aux eschetz 4 , desbat sourdit entreeux pour ung chevalier pris l’un à l’autre. L’un disoitque le chevalier estoit bien pris et l’autre disoit qu’ilestoit pris par faulz trait. Et, comme il advient souventque questions meuvent aux jus d’eschecz et que leplus saige y pert pacience, ainsy advint icelle foisentre ces deux fils de Roys. Et telement leva à chacunla colere, qu’ils se levèrent en pieds et mirent chacunla main à la daghe, et vouloient desgayner l’un surl’autre furieusement. Mais si bien advint qu’aucunsseigneurs anglois se trouvèrent presens qui les dépar-tirent et se mirent entre eulx deux, sans autre incon-
nable de respecter la division adoptée par le ms. n° 2868, qui seulen donne une complète par chapitres.
1. Sauvage remplace t fois » par « cause ».
2. Les mots « celluy prince » ont été supprimés dans les édi-tions imprimées.
3. V. Froissart, 1. I, §§ 397-403, t. V, p. 63, 83, édit. Luce.
A t Ainsi qu’ils jouoyent eux deux aux échets. »