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Tome premier.
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MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE.

CHAPITRE XVII.

Comment le duc Phelippe se maria à madame Marghe-rite, fille du conte de Flandres; et comment laduchié de Bourgoingne fut donnée par le Roy deFrance au duc Phelippe, et les condicions du don.

La lignie de Hue 1 et de Robert, ducz de Bour-goingne, faillist par deux ducz 2 , tous deux nommezPhelippe, pere et fils, l’un après l’autre. Etledarrain,qui fut Phelippe le Josne, avoit en mariage Margheritede Flandres, fille du conte Loys, que l’on nomme Loysde Malle, et vint par vraye succession la duchié deBourgoingne au Roy Jehan de France, descendu de lafille de Bourgoingne, dont j’ay cy dessus parlé 3 , et decelle succession firent les Franchois grant teste. Car jàsoit ce que par avant la dicte duchié 4 estoit parrie et senommoit le duc de Bourgoingne premier per de France,comme encores fait, [néanmoins] les Franchois en firent

t. « Ileude. » Eudes IV, duc de Bourgogne de 1315 à- 1349,eut de Jeanne de P’rance, sa femme, Philippe, marié à* Jeannode Boulogne, mort en 1346 et père de Philippe de Ilouvre,qui succéda à son grand-père à l’âge de cinq ans. Le père de Phi-lippe de Rouvre ne fut donc pas duc, comme l’affirme Olivier dela Marche.

2. V. la note qui précède.

3. Le roi Jean prétendit que la Bourgogne lui était dévolueratione proximitatis, non coronæ nostræ, parce qu’il était fils deJeanne de Bourgogne, sœur d’Eudes IV, grand-père do Philippede Rouvre. « Le duchié eschay au Roi de France par lignage duduc de Bourgoingne, » dit la Chronique normande publiée parMM. Mobilier, p. 156.

4. « Car combien que ladicte duché fust par avant perrie. »