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MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE.
apenaige, pour tousjours plus lyer ladicte duchié à lacouronne [de France] 1 2 . Et advint que celle Margherite deFlandres, vefve etdouagiere de Bourgoingne, parle très-pas du josne Phelippe, duc de Bourgoingne, comme ditest, et pour ce que c’estoit une grant heritiere de lors etdu temps advenir, combien que le conte Loys 8 , son pere,fut vif, grant poursuyte se fist par pluseurs princespour avoir ladite vefve en mariage, et mesmement parle Roy d’Angleterre, qui la vouloit avoir pour sonfrere 3 , en intencion d’avoir part en Flandres 4 , dontelle estoit seule heritiere. Et, d’autre part, le Roy deFrance, Charles le Quint, qui fut moult saige Roy etde grant prudence, la demandoit pour son frere Phe-lippe, et doubtoient les Franchois que ceste grandeheritiere [par mariage] ne fist aliance au dommage duRoy de France et meismes en Angleterre. Et regar-dons les dangiers à venir, fut practiqué le mariage dePhelippe le Hardy, lors frere du Roy, et de ladictevefve, fille de Flandres. Le conte Loys estoit naturele-ment et en courage Franchois, et desiroit l’aliauce deFrance, mais les estats et les membres de Flandres 5 et
1. V. Dupuy, Traité des droits du Roi. — Dans l’édit, de 1562,la phrase suivante commence ainsi : « Quand celle Marguerite...fut veuve, etc. »
2. t Louis de Flandres. »
3. 01. de la Marche commet ici une inexactitude. Jean de Cor-nouailles, unique frère d’Édouard III, était mort avant l’avène-ment de celui-ci à la couronne. C’était pour Àymon ou Edmond,comte de Cambridge, son troisième fils, que le roi d’Angleterredemandait la main de Marguerite de Flandres (Froissart, liv. I,§ 617, édit. Luce, t. VII, p. 129). Le pape Urbain V révoqua le30 octobre 1365 les dispenses accordées à Edmond et à Margueritepour ce mariage. (Arch. nat., J 558, n° 6 bis.)
1. « D’avoir par là Flandres. »
5. On comprenait sous cette dénomination de membres de