MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE. 105
duc et de monsieur de Charolois, son filz, [dont ledébat vint entre le pere et le filz], qui fort estonnaceste maison. Mais les serviteurs furent loyaux et lepere et le filz, bons et saiges, se perceurent 1 que c’es-- toit pour amenrir 2 leur povoir et auctorité, et fut àtout saigement pourveu, par l’ayde de Dieu. Moult degrans choses furent faictes par ce bon duc Phelippesoubz luy et de son régné, et desqueles je parlerayencoires ; et mesmes, luy estant en ses vieulx jours etmalade, les Liegois, par l’ennortement du Roy Loys,luy firent la guerre, pour ce que le conte de Charolois,son filz, faisoit la guerre au Roy Loys et estoit entréen France, et dont je parleray brief 3 4 . Et cuiderenticeulx Liegois prendre le duc au depourveu, mais il sefist armée nouvelle, et furent par ses gens desconfizà Montenac, où les Liegois receurent grant perte depris et de mors'*. Ce bon duc Phelippe fist deuxchoses à l’extremité, car il régna le plus large et leplus liberal duc des crestiens, et si morut le plus richeprince de son temps, et ne vous saroit on assez debiens de luy ramentevoir 5 .
Ce duc de Rourgoingne augmenta ses armes depluseurs pièces pour les seignouries qui luy succe-
1. « Et s’aperceurent. »
2. Amoindrir.
3. V. infra, liv. I, ch. xxxv. Ces cinq mots manquent dansSauvage.
4. V. j Ibid.
5. On peut rapprocher de cette biographie abrégée de Philippele Bon ta Déclaration de tous les hauts faits et glorieuses adventuresdu duc Philippe de Bourgongne, celuy qui se nomme le grand duc etle grand lyon, de George Chastellain, publiée par M. Kervyn deLettenhove, t. VII des Œuvres de Chastellain, p. 213 et suiv.