MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE. 123
ce fut de trop valoir et de trop entreprendre. A quoy,^ monseigneur, devez avoir exemple et regart. Car entoutes choses où trop a, il passe la raison, et, où raisonn’est, communément perdicion est preste. Ce ducCharles, et la pluspart des seigneurs nourris avec luyet de son eage, porta armes avec le duc Phelippe, sonpere, à sa grant poursuyte et requeste, ès guerres deFlandres commencées l’an mille im c m‘. Et fut en deuxbatailles et en plusieurs rencontres et sieges, accom-paignant son pere, et desja se monstra fier et coura-geux, et principalement à tenir ordre, où il se delitoitaigrement, monstrant qu’il estoit prince et seigneurapparant et se faisoit craindre 1 2 . Et de ses fais dès lors 3et de après, ne vous puis gaires [icy] monstrer sinonà l’abregier, pour ce que je le declareray en monIII e volume 4 . Et aussy en ce volume 5 il ne sert ghieresà ma matière. Mais vous le trouverez de son tempsavoir tenu en temps de paix estât grant et réglé, etses gens, de quelque estât qu’ilz fussent, en très grantcrehier 6 et obeyssance.
1. Lisez : « Mille quatre cent cinquante deux. »
2. Dans les Dépêches des ambassadeurs milanais près de Charlesr le Téméraire, publiées par le baron de Gingins la Sarra, t. II,V p. 145, on trouve un jugement semblable porté par Appiano., Charles, dit-il, « vole fare luy solo tutte les ordinanze et non vole
che homo del mondo gli recorda cosa alcuna, parère alcuno. »C’est ce que dit ailleurs Olivier de la Marche : « il veut être seulcapitaine de ses gens, t
3. Ghastellain avait aussi écrit : Les premiers exploits en armesde Charles, comte de Charolais t Mais cet ouvrage est perdu.
4. « En la seconde partie de mes mémoires. »
5. « En cet escrit. »
6. « Cremeur. »
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