126 MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE,
avoit rachetée du duc Phelippe, son pere, comme ditest. Et par le traictié de Conflans, fait entre le Roy etles princes et luy, furent de recief rendues, commej’ay dit cy dessus. Et, ce fait, il retorna à Bruxellesdevers le duc, son pere. Et en ce temps ceux de Dinant,qui avoient fait appointement avec le conte, ou nomde son pere, par la main d’un notable homme de ladicte ville, nommé Jehan le Carpentier, et dont les disde Dinant ne tindrent riens 1 , mais livrèrent ledit Jehanle Carpentier à la mort, et firent moult d’injures aubon duc Phelippe par euvres et par parolles et aultre-ment 2 [et tant], qu’ils provocquerent et esmurent cebon duc de leur courre sus et de soy vengier de leursmaléfices. Et en sa personne tout viel et debile printles armes et se tira en Namur. Et fut conseillié de faireexecuter celle guerre par le conte, son filz. Leditconte assiega Dinant et tant fist par battures de bom-bardes et aultres explois qu’il gaigna la ville de force,' et laquele fut pillée, démolie et arse, telement qu’ilsambloit dès la première saison que ce fut une villearruynée de mille ans. Le duc s’en retourna en Bra-bant, et le conte entra ou pays de Liege et [y] renou-vella les traictiez par luy fais. Et de ce je parbrayplus à plain en mon troisième 3 volume.
Le duc Phelippe, vostre ave, devint vieulx et mala-dis. Et se conduisoient tous les grans affaires par leconte, son filz, et soubz sa main, qui toutesfois letenoient 4 en grant honneur et reverance. Et depuis
1. « Ne voulurent rien tenir de cet appointement. »
2. « Dont ledit... »
3. « Second. »
4. t Et neantmoins luy portoit tousjours grand, » etc.