MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE. 141
en prenoient là où ilz en povoient avoir. Et est 1 legierà entendre que, après deux batailles perdues et telesrompures, le prince [ne] peut avoir [que] petite obeys-sance, et de tout ce je parleray plus avant en monIII e volume 2 .
Ainsy fut le duc Charles pour la u e fois rompu, à sagrant perte, et n’arresta gaires qu’il ne retourna enBourgoingne, et assambla les Estas en sa ville de Salins.Et remist ses gens de guerre en ordre et en la disci-pline de la guerre comme devant. Et se tira à laRiviere, une petite ville de la conté de Bourgoingne,qui costie les montaignes et les Allemaignes", et là fistrevue de ses gens d’armes. Et manda de recief gensen Brabant, Flandres, Haynnaut, Picardie, Namur, etpar tous ses pays, et fut adverty que, par l’ayde duRoy de France, qui tousjours luy'Jaisoit sourde guerre,le duc de Loraine estoit rentré en son pays de Loraineet avoit legierement reconcquis tout le pays, exceptéla ville de Nancy, où estoit messire Jehan de Robem-pré, seigneur de Bievres, pour le duc de Bourgoingne,avec nombre d’Anglois et [d’]autres nations qui ne furentpas sy obeyssans qu’ilz dévoient. Car, combien que leduc Charles marcha prestement pour lever ledit siégéet les secourir, toutesfois lesdis gens d’armes se mur-murèrent, et, maulgré leur capitaine, rendirent la villede Nansy au duc de Loraine. Mais ce noble et cheva-lereux duc Charles, vostre grant pere, par grant cou-raige, marcha sur ses ennemys et par deux fois des-loga le duc de Loraine et sa puissance hors de leurs
1. « Gomme il est. »
2. i Second volume. »
3. Près de Pontarlier.