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Tome premier.
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148
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148 MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE.

bon, je declareray premier ce que j’ay apris, dontvient que le filz de France prist le nom de Bourbon, etaussy comment et pourquoy ceulx de Bourbon se dientet maintiennent estre plus prochains de la lignie desainct Loys que ceulx de Yallois, qui à présent sonttoutesfois vraix Roys et successeurs de la couronnede France. Et commenceray premier au nom de Bour-bon pour mieux entresievyr ma matere.

Je treuve que deux baronnies furent de piecha,dont l’une fut ou pays que l’on dit Bourbonnois, etl’autre fut en la duchié et pays de Bourgoingne. Etcomme toutes choses ont commencement, pour ce queen tous les deux lieux que l’on nomme Bourbon abains chaulx que l’on dit medicinables, et s’y vontpluisieurs gens baignier pour [se] mediciner et pourrecouvrer santé d’aucunes maladies, et à ceste causeet pour ce que pluisieurs gens y hantoient et conver-soient, hosteliers, taverniers, marchans et ouvriersmecanicques se logèrent celle part pour gaignier etavoir proffit, et tellement que assez tost après se firenten iceux lieux gros et puissans bours, et augmentèrenttelement que, entre les autres bours, on disoit d’unchacun d’iceux voisins : c’est ung bon bourg; [et] à leprendre au rebourre, peut on dire c’est ung bourgbon. Et de ce nom bourg bon, en continuacion delangaige, sont encore appeliez ces deux lieux Bourbon,et en continuacion * de tem ps [de] vindrent deux grandeset puissantes baronnies, chacune en son pays, et enfurent seigneurs il nobles barons qui par mariaiges’alyerent enssamble. Et ainsy advint que toutes ces

1. « Par succession. »