MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE. 175
s’en revint à Bruxelles où il avoit ordonné de vousmener ; et à tant je fay fin et conclusion de la maniérécomment vous fustes tiré hors de la main des Gantoiset par vostre noble pere.
Les choses ainsy advenues, les Liegois se mirentcontre leur evesque, et avoient à cappitaine, sous mes-sire Robert de la Marke 1 , ung nommé Guy de Campet ung aultre nommé Rocka. Ces deux avoient sy grantpuissance en la cyté de Liege qu’ilz voulurent entre-prendre de livrer la cyté ès mains de vostre noblepere, par condicion qu’il s’en feroit maistre et seigneur 2en déboutant leur evesque de Liege. Mais ce noblearchiduc, vostre pere, qui encores n’estoit pas Roydes Romains, se monstra si bon et si leal à l’evesquede Liege que jamais il ne [le] volt souffrir ne entre-prendre, mais le refusa plainement.
CHAPITRE XXIX.
Comment monseigneur Maximilian fut Roy des Romainsdignement esleu du vivant et en lapresence de l’Em-pereur Frédéric, son pere.
Et en ce temps les électeurs et princes d’Allemaignemandèrent ce noble archiduc, vostre pere, et, deuementinformez des nobles meurs, vertus et vaillances de sanoble personne, en la presence et du consentement de
1. Guillaume d’Arenberg, de la maison de la Mark, dit le San-glier des Ardennes, grand mayeur de Liège, nommé mainbour
u pays de Liège après la mort de Louis de Bourbon, évêquede cette ville, assassiné le 30 août 1482.
2. « Qu’ils s’en feroyent maistres et signeurs. »