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Tome premier.
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174
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174 MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE.

et tout mors, se le bon prince, vostre pere, leur eustcourut sus. Car il estoit fort accompagnié d’AUe-mans et de Wallons, nobles et aultres, tous en bonnevoulenté de faire tele execution. Mais le Roy, vostrepere, leur manda que, s’ilz se vouloient retirer en leursmaisons, il feroit retirer ses gens d’armes sans leurporter aultre dommaige. Ce peuple promist de ainsyle faire ; mais ilz n’en firent riens. Et dura tout le jouret toute la nuit que tous furent sus bout et en armes,et le conte de Nassau et aultres nobles hommes en sacompaignie soustinrent toute la nuit la puissanced’iceulx Ganthois, affin qu’ilz ne venissent surprendrela compaignie de monseigneur. Mais iceulx Gantoisestoient si effroyez qu’ilz habandonnerent le grant mar-chiet et se boutèrent au [petit] marchié qui est entre lechasteau et Sainte Verlde. Et sur le jour fut practiquiéque le Roy, vostre noble pere, les lairoit retournerpaisiblement en leurs maisons, ce qui fut fait.

Et ce meisme jour, le Roy, accompaignié de sesgens, vous amena hors de la ville de Gand, et là vouspristes congié de luy, et, en la conduite de monsieurde Ravestain, fustes mené à Tenremonde où vousdemourastes certains jours. Et le Roy retourna à Gandoù il fut paisiblement receu, et [y] fist faire justice deceulx qui avoient esmeu ceste assamblée et mis endangier la puissante ville de Gand d’estre destruite.Et meismement leur cassa et rompit plusieurs previ-leges et luy pria le peuple merchy 1 . Et mist en policeet en loy, en paix et en union la ville de Gand. Et puis

I. Cette phrase entière, donnée par Denis Sauvage, avait étésupprimée par Lautens de Gand et quelques autres éditeurs.