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Tome premier.
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263
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MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE. 263

tellement qu’il gaigna de son costé Ytalie, Allemaigneet Espaigne. Mais le Roy de France ne le duc de Bour-goingne ne vouldrent jamais laisser ne habandonnerle premier sainct et canonique Pape Eugene ' dessus-dit; et se le duc de Bourgoingne se feust condes-cendu au duc de Savoye, son cousin, touchant cestematière, Pape Félix eust esté obey aussi par touteFrance, par Angleterre, et jusques en Norveghe. Mais,pour amour, pour sang ou pour affinité, jamais le bonduc ne se voult ployer ou condescendre de faire ouconsentir riens, ou nulle chose, au préjudice du PapeEugene.

Cinq ans dura ou environ ce scisme et ceste dou-leur en l’Eglise et par la chrestienté, et jusques à ce quecestuy Félix congneust bien qu’il n’auroit port ne obé-dience du Roy de France ne du duc de Bourgoingne,et qu’il demorroit frustré, en abuzdeson intention. Sis’apensa de saulvcr son cas et son emprise par aultrevoye; et, à la vérité, ce fut ung des plus saiges et desplus entreprenans princes que l’on sceust, car, luyestant conte de Savoye, se feit duc, et fut le premierduc de Savoye. Il conquist la principaulté de Piemondà force d’armes ; et tellement travailla Philippe Maria 1 ,duc de Millan, de guerre et par force d’arme, qu’illuy donna la conté de Verseil et la ville de Cyvaulx 2 ,et print le duc de Millan sa fille à femme, et recongneutavoir receu pour son mariaige trois cens mille ducatz;

1. Philippe-Marie Visconti.

2. Par le traité de Turin, du 2 décembre 1427, le duc de Milancéda à Amé ou Amédée VIII la ville et le comté de Verceil, ets’engagea à épouser Marie de Savoie, sa fille (Guichenon, op. cit.,1. 1, p. 466). — Cyvaux, lisez Chivasso, à 22 kil. de Turin.