MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE. 265
paix et union en saincte Eglise, et despuis vesquit lelégat de Savoye environ dix ou douze ans, et trespassaà Ripaille l’an mil quatre cens cinquante deux 1 .
Sur ceste matière ne firent les deux ducz aucuneconclusion; mais en alliance d’amour et de paix separtirent 2 , comme bons parens dévoient faire ; etavoit
1. Amédée mourut à Genève le 7 janvier 1451 (Guichenon,op. ât., t. I, p. 493).
2. V. supra la mention du traité d’alliance conclu entre les deuxducs le 10 juillet 1443. Il subsiste dans les comptes de la recettegénérale de Bourgogne de nombreux vestiges des négociationspoursuivies entre ces deux princes, avant ce traité, pendant le con-cile de Bâle et antérieurement à l’élection d’Amédée comme pape.Par lettres du 26 avril 1432, Lancelot, seigneur de Luyrieu et deBelfort, conseiller et chambellan du duc et son bailli de Mâcon,reçoit 72 fr. pour être allé par son commandement, avec M« Antoinede Noyers, archidiacre d’Autun, conseiller et maître des requêtesde l’hôtel du duc, de Dijon vers le duc de Savoie « pour aucunesbesoignes et affaires grandement touchans mondit seigneur, les-quelx affaires se conduisoient par le moyen d’icellui monseigneurde Savoye. » Les envoyés de Philippe le Bon avaient quitté Dijonle l Br avril; ils trouvèrent Amédée à Thonon le dimanche 6 avril,y séjournèrent jusqu’au vendredi suivant, et adressèrent leur rap-port au chancelier de Bourgogne le jeudi 24 avril après Pâques(Archives de la Côte-d’Or, B 1655, fol. 105). Jean Périer, conseillerdu duc, reçoit 34 fr. par lettres du 19 février 1434 (v. st.), pour êtreallé au mois de juillet précédent, avec messire Philibert Andrenet,seigneur de Coursan, de Mâcon, où il faisait sa résidence, à Thononvers le duc de Savoie « pour lui dire et exposer de par mondit sei-gneur certaines choses qui grandement touchoient le bien de monditseigneur et de ses pais et subgez, » et aussi à Genève où le ducl’avait chargé d’une certaine besogne (Archives de la Côte-d’Or,ibid.). Le 16 septembre 1436, le chancelier envoie le même Phi-libert Andrenet, de Coursan à Anthon où était le duc de Savoie,puis en Bresse vers le prince de Piémont « pour besoignier deverseulx d’aucunes matières sécrétés grandement touchans et dontmondit seigneur ne veult estre faicte aucune declaracion. » (Mêmesarchives, B 1659, fol. 148.) — En janvier, février et mars 1437(v. st.), Jean Esperon, sergent du duc au bailliage d’Autun, et