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Tome premier.
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275
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• MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE. 275

si tost que le duc de Bourgoingne peust avoir veuedu Roy, ensemble les princes et les gens de sa com-paignie, tous se defulerent du chief en grant reverence ;et pareillement feit le Roy et ceulx de sa compaignie,qui furent grant nombre de ducz, de contes et de che-

le duc marchant à ses côtés. On alla ainsi jusqu’au grand autel deSaint-Jean et, de là, Frédéric se rendit à l’archevêché, tandis quePhilippe le Bon se dirigeait « devers le cloistre. »

Le jour de la Toussaint qui suivit, la duchesse do Bourgogneentra à Besançon dans une litière, avec « trois chariots dameretset huit hacquenées blanches toutes garnies de drap d’or velouté. #Le roi des Romains alla au-devant d’elle jusqu’à la fontaine Saint-Martin, à deux milles de la ville. Il la rencontra dans une plaine,où « se baisèrent l’Empereur à cheval et Madame en sa litière, etvindrent l’un de costé l’autre jusques ez Ruchottes des Champs, oùl’Empereur se mit devant et alla jusqu’à la porte de Charmont, enlaquelle fut grand débat d’aller devant ; toutefois l’Empereur entrapremier à la requeste de Madame, qui l’en requit à genoux danssa litière, et dès donc allèrent ensemble jusqu’à l’hostel des Cor-deliers, à l’entrée duquel, auprès de la Croix, l’Empereur descendità terre, et Monsieur de Bourgongne estoit sous l’angle du toitvenant au devant de l’Empereur et là se rencontrèrent. »

Ici Philippe le Bon met deux fois l’un des genoux à terre eta l’Empereur l’embrasse en le retenant. » Quant à la duchesse,elle s’agenouille aussi deux fois devant M. de Bourgogne, maiscelui-ci « n’en fit onques semblant. » En prenant congé de l’Em-pereur dans la grande salle du palais archiépiscopal, Philippe leBon se met encore par deux fois à genoux.

Tel est le récit de Dunod. D’après les escroes de l’hôtel au con-traire, le duc de Bourgogne serait arrivé à Besançon le 3 novembreau soir et en serait parti le 13 au matin. Ce serait entre ces deuxdates qu’il faut placer le séjour du roi des Romains. Notonscependant que le duc avait convoqué dès le 16 octobre plusieursseigneurs « à estre devers luy à Besançon le xxvmi dudit mois,pour le accompagner à la venue du roi des Romains » (Çanat,p. 425, d’après un compte de Bladelin), ce qui correspond bienau récit de Dunod. En tout cas, le duc n’est pas arrivé six joursavant le roi, comme l’affirme Olivier de la Marche. (Marcel Canat,Documents inédits pour servir à l’histoire de Bourgogne, 1.1, p. 492.)