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Tome premier.
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MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE. 277

courtois prince ne mieulx saichant ce qu’il devoit faireen tel cas n’a pas régné de son temps.

Et touteffois, servant à mon propos, pour ce que àl’heure je estois paige du duc, et ne pouvoie lors com-prendre ne sçavoir pourquoy ne à quelle raison se fai-soientles misteres ne les honneurs, je fay une questionpar maniéré de incidence. Ce duc de Bourgoingne, quitant scet d’honneurs et de biens, va au devant de laseconde personne de chrestienté en élection ; luy quiest de nativité maternelle, et en subgection de plusieursseigneuries à luy appertenans, subject de l’empire,pourquoy c’est il faict qu’il 1 n’est descendu jus de soncheval, comme les aultres princes de l’empire fontjournellement devant leur Empereur ou devant le Roydes Rommains, ayant possession par élection, etd’abondant desjà une couronne prise à Ais? Certesce n’a pas esté du temps que j’ay esté paige, ne escuyer,ne josne homme que j’ay ceste question demandée nesceue. Ad ce je respons deux poinctz ou deux raisonsqui ne sont pas à oblier ou à non ramentevoir, pourappaiser les demandeurs. La première si est que leduc Philippe de Bourgoingne estoit filz, en tiers, duRoy Jehan de France, et yssu paternellement du noblelit, du sang et de la maison royalle de France, ce quele duc vouloit bien monstrer aux Allemans. Et laseconde fut qu’icellüy monseigneur Frederich d’Aus-trice n’estoit encores que Roy des Rommains, et nonpas Empereur receu, mais esleu, et les seigneuries qu’iltenoit en l’empire, en tant qu’elles povoient estre

1. t Pourquoy c’est il faict que le duc. » Ms. n° 2869. Dans leséditions précédentes ces mots ont été transportés au commence-ment de la phrase : « pourquoy c’est il faict que luy qui est... »