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Tome premier.
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302
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302 MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE.

coups contenuz par les cliappitres furent accompliz,et gecta le duc le baston, et furent les champions prinspar les hommes d’armes et escoutes à ce ordonnez ;et revindrent devant le duc, cliascun sov oufïrant deparachever son emprinse, se faulte y avoit. Mais le ducdist qu’ilz en avoient fait assez ; et ainsi s’en retournachascun en son costé, la hache au poing, regardant l’unl’autre, pour ce que nul ne vouloit partir de la lice lepremier. Mais il fut dit que ledit messire Pietre seroitle premier yssant, pour ce que le seigneur de Charnygardoit le pas, et se retrayerent les chevaliers au granthonneur de toutes les parties ; et les ducz de Bour-goingne et de Savoye tirèrent à Dijon, où ilz furentgrandement festoyez et convoyez 1 2 . Et furent icellesarmes faictes et accomplies par un jeudi unziesmejour de juillet mil quatre cens cinquante et trois*,comme dessus est dit.

Le landemain 3 se partirent les deux ducz, et allèrentensemble jusques à Sainct Claude, où le duc de Savoyese deppartit pour tirer en son pays ; et pendant cetemps se firent les armes de cheval au lieu ordonné,entre le seigneur de Charny et messire Pietre Vasquedessusdit ; et, selon mon souvenir, le treziesme jourdu mois dessusdit se présentèrent les deux chevalierspardevant Loys monseigneur, conte de Nevers, com-mis par monseigneur de Bourgoingne, son lieutenant,juge en ceste partie, environ huict heures du matin.

1. « Conjouis. »

2. Lisez : quarante-trois.

3. Lisez : le surlendemain ; en effet d’après les escroes de l’hôtel,le duc aurait encore dîné à Dijon le 13; il a dû partir le soir oule lendemain matin pour Montroland.