XXXvj NOTICK BIOGRAPHIQUE.
mait un petit conseil auquel furent souvent appelés de gravespersonnages, même le chancelier, mais il y prit une grandepart et joua même le rôle de « Sainte-Eglise » h la demandede Philippe le Bon. Il prononça aussi le vœu suivant, querapporte Mathieu d’Escouchy : « Je veue à Dieu, mon créa-teur et rédempteur Jhesus-Crist, et à la très glorieuse ViergeMarie sa mère, aux dames et au faisant, que quant montrès redoubté et souverain seigneur monseigneur le duc etcomte de Bourgoingne yra au saint voyage à l’encontre desinfidelles, que s’il lui plaist et h monseigneur le comte deCharolais à qui je suis serviteur, je yray et le serviray leau-ment de ma puissance, ne n’en retourneray, pour quelquechose qui ne puist advenir, se ce n’est par l’exprès commande-ment de mondit seigneur, jusques à ce que je me soye trouvéen lieu où par honneur je puisse vestir de ma cotte d’armes,s’il-me plaist, à l’encontre des infidelles, ou en sy honnou-rable rencontre ou besoingne qu’il y ait v cens hommes des-confis au mains. Seigné de ma main 1 . » Ce vœu résume savie et peu s’en fallut qu’il ne l’accomplît, lorsqu’en 1464Philippe le Bon voulut réaliser son projet de croisade silongtemps caressé, mais toujours suspendu. Le Christ etl’honneur, voilà les deux pôles vers lesquels Olivier se tournesans cesse, ses deux religions, confondues en une seule, caril les regarde comme inséparables. Ajoutez-en pourtant unetroisième, l’obéissance, la fidélité à son maître : il est là toutentier.
Le banquet de Lille fut suivi d’autres fêtes, moins bril-lantes peut-être, mais non moins solennelles, qu’interrom-pirent un instant le voyage, puis la maladie de Philippe leBon en Allemagne, et une excursion do Charles le Téméraire
1. Mathieu d’Escouchy, Chronique, <5dit. Beuucourt, t. Il, p. 221;Ordonnances du bancquet que fit en la ville de Lille, etc., ms. do lahibl. royale de Bruxelles, provenant, do collo des ducs do Bour-gogne. V. aussi niB. l'r. 10319, do la Bihl. nat.