MÉMOIRES I)’OLIVIER DE LA MARCHE. 117
retournoit querrc le nayn et le jayant, qui venoientmectrc ens ledit assaillant. Ainsi vint hurter à ladictcporte mondit seigneur de Ravenstain, laquelle fut
ouverte après lesdictcs solempnités.
Mondit seigneur de Ravenstain entra ou champ moultrichement en une litticre portée à deux chevaulx,ladictc lictierc painte de bleu et blanc, qui sont sescouleurs, et armoyée de ses armes, couverte d un drapd or velours cramoisy, garnie de pluiseurs gros pom-Ricaulx tous de lin argent. Là dedens estoit il couchiéssur deux grans coussins de drap d or cramoisy, etestoit armé, et sur son harnas une robe de camelotde soye fourrée d’ermines, les deux chevaulx de ladictelittiere harneschiez de velours bleu garny de platinesd’argent, deux paiges sus vestus comme ses aultrespaiges, est assavoir depalletos de velours bleu, la moi-tié semée d’orfavrie blanche à ung collier d orfavriedorré ; et de chascun costé de ladicte litticre aloientdeux gentilzhommes vestus de velours bleu a toutrl'ainnes d’or. Avec ladicte littiere estoit mené ungc l»cval en main pour monter ledit chevalier, houssié dedrap d’or bleu velours, chargié de grosses campanesd argent, et ung aultre housse de drap d or veloursv iolet, chargié de campanes d’argent à maniéré depoires grosses, sur lequel estoit ung paige vestu commedessus, et ung aultre cheval portant deux pannierscouvers de velours noir, chargié de campanes commedessus, ung petit fol dessus habilliez comme lesPaiges. En tel estât le conduisit devant les dames, etÜsit une lectre messire Olivier de la Marche vestud’une robe de velours bleu. Puis s’alla ledit chevalierheaul mer> et revint faire son debvoir, auquel le ser-