PREFACE.
XVII
repreuure aux infidèles les lieux saints que le P*oiXèû; n’avaitpas su défendre. Elle avait envoyé en Asie des milliers et desmilliers d'hommes. L'empereur avait employé ces barbares, et,très supérieur à eux par sa politique, il les avait joués. A la fa-veur des premières croisades, il avait recouvré des parties perduesde l’Asie Mineure. Mais les marchands de Venise étaient aussides politiques : les circonstances leur donnèrent la direction dela quatrième croisade, et les barons chrétiens, aussi convoiteuxque la République des lagunes, se partagèrent l’Empire, au débutdu xui* siècle. Alors régnent, à Constantinople, un empereurflamand, à Thessalonique, un roi italien, en Achaïe, à Naxos etdans Athènes, de petits dynastes, pendant que Venise s’établit enCrète et dans le Péloponnèse.
Quant à l’Asiatique, le troisième des successeurs possibles, il alivré au Byzantin un assaut continuel. Après que l’empire arabe,qui avait couvert l’Asie, l’Afrique, l’Espagne et la Sicile, s’estécroulé, l’émir ottoman, établi en Asie Mineure, est devenu unredoutable voisin.
Contre tous ces ennemis, le fiaatXsu; s’est défendu avec uneconstance et une habileté qui forcent l’admiration. Telle étaitla vitalité de « l’homme malade » de ce temps-là, qu’il se remitde l’étrange accident de la quatrième croisade. A la fin duxni* siècle, il a reconquis Constantinople; l’empire restauré recom-mence la conquête de la Péninsule; il reprend ses trois merset pousse sa domination jusqu’au Péloponnèse. Il semble de forceà prévaloir et sur les Slaves, et sur les Bulgares, et sur lesprincipautés d’Épire, d’Achaïe, d’Athènes, et sur Venise; mais lapuissance des Turcs s’amasse de plus en plus en Asie, prêle àfondre sur les Balkans. Il y a là une grande réserve d’hommes etde soldats, conduits par une série de chefs absolus, qui, tous,veulent la même chose. La grande lutte emplit le xrv* et lexv* siècle. A la fin, Constantinople est la capitale de l’État otto-man, qui comprend toute la péninsule, depuis la Save jusqu’aucap Matapan, à l’exception de quelques points demeurés vénitienset de l’héroïque Monténégro. C’est l’Asie qui a pris sa revanchede l’Europe, de la guerre de Troie, des guerres médiques, desconquêtes d’Alexandre et des Romains, de celles du jlaaiXsû; et desCroisés. Et l’Asie va prolonger son empire dans la Méditerranéepar la conquête des îles, vers l’Europe centrale par les progrès