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PRÉFACE..
in peupie contre un peuple, par un chef contre un chef : plusieursroyaumes chrétiens successivement formés luttèrent contre plu-sieurs petits États arabes. Au iv siècle, l’aspect de la Péninsules’est simplifié. Il n’y a plus qu’un seul État arabe, celui de Gre-nade, et quatre royaumes chrétiens : Navarre, Portugal, Aragon,Castille. La Navarre, après avoir été le plus puissant, n’est plusqu’un petit État pyrénéen. Le Portugal, orienté vers l’Océan, ycherche sa fortune. L’Aragon, orienté vers la Méditerranée, a déjàétendu sa convoitise vers les îles et la péninsule italiennes. LaCastille, le cœur de l’Espagne, est le combattant de la dernièreheure contre le musulman; elle va conquérir Grenade, et l’unionde la Castille, de l’Aragon et de Grenade constituera la puissancede l’Espagne, à la fois méditerranéenne et océanique.
XIX. Le royaume d’Angleterre. — Comme la grande pénin-sule du sud-ouest, les îles du nord-ouest sont restées longtempsisolées de l’Europe. Le continent leur envoie des colons armésqui se superposent en couches plus ou moins épaisses sur le fondceltique de la population : Romains, dont la Grande-Bretagne estla dernière conquête et la moins durable ; Anglo-Saxons et Scan-dinaves, arrivés en grand nombre par une série d’émigrations;Normands enfin, c’est-à-dire une armée venue de la Normandiefrançaise, et qui se transforma en une colonie perpétuelle, fondueà la longue dans le reste de la population.
Le royaume d’Angleterre, créé par les Normands, fut tout desuite un État bien fait, nettement déterminé, se suffisant à lui-même, et qui n’absorba point les autres pays des îles britanniques.Le pays de Galles fut conquis par les rois normands, mais il restale pays de Galles; l’Irlande, conquise aussi, resta l’Irlande;l’Écosse demeura un royaume séparé. Il faudra longtemps attendreavant que les deux grandes îles soient confondues dans leroyaume-uni de Grande-Bretagne et d’Irlande.
Deux grands événements ont mêlé l’histoire de l’Angleterre àcelle du continent pendant cette période. La conversion au chris-tianisme des Anglo-Saxons a fait de l’Église d’Angleterre une filleobéissante de l’Église de Rome, et elle a donné au pape, à decertains moments, une sorte de suzeraineté sur la couronne. Laconquête de l’Angleterre par le duc de Normandie, vassal du roi deFrance, a introduit le royaume insulaire dans l’histoire féodale dela France. Mais l’histoire extérieure de l’Angleterre n'a qu’une