XLIV
PRÉFACE.
petits et des faibles, ce n’était point par sentiment chevaleresque:il est honorable pour nous cependant que nos victoires aient eula conséquence indirecte de donner au monde politique deux Étatsnouveaux.
X. La France. Achèvement de l’Unité. — La France a suivi,pendant la période moderne, la pente où ses destinées étaientengagées dès le moyen âge. Les rois ont achevé de constituerle territoire national, en acquérant la Bretagne par mariage, leRoussillon, l’Artois et une partie de la Flandre par conquête, leBéarn et la Navarre à l’avènement d’IIenri IV. Nous avons vuquels progrès ils ont faits dans la zone intermédiaire. Enfinl’acquisition de la Corse, faite en même temps que celle de laLorraine, complète la France d’avant 1789. Au sein de cette mo-narchie,'les différences provinciales, sans jamais disparaitre, s’effa-cèrent peu à peu. Les privilèges des pays, là où ils n’avaient pasété abolis, devinrent lettres mortes ; de même ceux des féodaux etdes communes; mais ces lettres mortes gênaient la vie; cesformes vides, provinces, municipalités, seigneuries, encombraientla France. Le pouvoir qui en avait fait des ruines n’avait pointvoulu ou point su les déblayer. Il y avait dans la constitution degraves désordres. La France était une monarchie, parce qu’unseul homme y faisait la loi, et qu’il était seul libre de penser etd’agir, mais la monarchie, après s’être substituée à la polyarchieféodale, n’a point trouvé un système de gouvernement et d’admi-nistration qui convînt à un pays unifié. Elle ne s’est point donnéde bonnes finances, ni une bonne armée ; elle n’a donné au paysni bonne justice, ni bon système économique. Pour dire la véritétoute nue, elle a su se faire obéir ; elle n’a pas su gouverner.
XI. La politique extérieure de la France. — Dans sa poli-tique extérieure, elle a eu de grands succès et commis de grandesfautes. La lutte contre la maison d’Autriche lui a été imposée,et l’effort qu’elle a fait pour briser le cercle qui l’enserrait étaitlégitime : François I er , Henri H, Henri IV, Richelieu ont fait bonnepolitique et bonne guerre, et ils ont eu cette fortune qu’en tra-vaillant à la grandeur de notre pays, ils ont sauvé l’indépendancede l’Europe. Mais la monarchie, victorieuse au milieu du xvu' siècle,a tout de suite abusé de sa victoire et poursuivi des chimères.Chimère, la prétention qu’a eue Louis XIV de se faire élire empe-reur; chimère, la revendication de la succession d’Espagne ! Chi-