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Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
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LA GRÈCE ET LES COLONIES GRECQUES.

leurs limites en soumettant d’autres États, ou en leur enle-vant des parties de leur territoire. Le catalogue d’Homèrenous montre tous ces groupes de nations disposés d’unefaçon toute différente, et qui ne se retrouve en rien dansles temps historiques. C’est à peine s’il est question desDoriens et des Ioniens, noms qui, par la suite, devaient de-venir si fameux. Le nom d’Hellènes lui-même ne s’appliquequ’à un petit district. Les noms de tribus étaient alors ceuxd’Achéens, d ’Argiens, — Argos désignant, selon toute vrai-semblance, tout le Péloponnèse, — et celui de Danaoi, com-plètement tombé en désuétude dans les temps historiques.Du côté de l’ouest, la Grèce s’étend bien moins loin qu’ellene devait le faire dans la suite. L ’Acarnanie s’appelait d'unautre nom, et il n’est pas bien sûr qu'elle fut territoiregrec. Elle est vaguement désignée sous le nom d ’Épire l ,ou terre ferme, et elle semble faire partie des possessions duroi qui régnait sur les îles voisines de Céphalonie et Ithaque.Leucadeet Corcyre, situées plus au nord, n’étaient pas encoregrecques, et il en est de même des habitants de l’Épire qui,sous le nom de Threspotiens, étaient simplement représen-tés comme un peuple ami, mais étranger aux Grecs. Quantaux Étoliens, c’est bien déjà un peuple grec, et nous trouvonsde même la plupart des divisions de la nation grecque ; seu-lement, la position qu’elles occupent, et leur importancerelative, sont souvent bien différentes de ce qu’elles furentdans la suite. Pour nous en tenir à un seul exemple, lesLocriens, que nous voyons dans les temps historiques établissur la mer de l’Eubée et sur le golfe de Corinthe, n’occupent,d’après le catalogue, que la première de ces deux régions.

Si maintenant nous passons aux villes, la différence est

1. *HR£tpoç signifie simplement la terre ferme, et ce n’est que progressive-ment que ce nom s’appliqua à une région particulière. On peut le compareravec la terra firma dans l’Amérique du Sud. Dans le catalogue ( Iliade , II,620-635), après l’énumération des îles sujettes d’Ulysse, on lit : oV ^'Htreipov lyovr,S àvTiitspaî lvé|xovTo. Cela doit s’appliquer au pays qui fut dans la suite appeléAcarnanie. On fit plus tard la remarque que les Acarnaniens étaient le seulpeuple de la Grèce qui ne fût pas désigné dans le catalogue. (Note del’auteur.)