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Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
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LA GRÈCE ET LES COLONIES GRECQUES.

septentrionale et centrale, les Grecs se trouvaient eu pré-sence des Latins, des Etrusques et d’autres nations italiennestrop fortes pour qu’ils pussent y fonder quelques colonies.Sur la rive opposée de l’Adriatique, le point le plus septen-trional de la colonisation grecque était, avant la guerredu Péloponnèse, Épidamne; dans la suite elle s’étendit plushaut vers le nord, sur la côte et dans les îles dalmatiennes,et Épidaure en Illyrie, Pharos, Corcyre Noire et autrestémoignent des derniers efforts de la colonisation grecquedans son sens le plus strict. Dans les autres parties de laMéditerranée, les colonies grecques se trouvaient bien plusséparées les unes des autres. Néanmoins nous pouvons direqu’à part les côtes où des raisons spéciales empêchaient lesGrecs de s’établir, tout le reste de la Méditerranée étaitoccupé par des colonies grecques.

En effet, dans une grande partie de la Méditerranée lesPhéniciens avaient pris l’avance sur les Grecs, aussi bien surla côte de Syrie qui était leur propre pays, que par les colo-nies fondées par leurs grandes villes de Tyr etde Sidon. Ainsi,presque toute la moitié occidentale de la côte sud de la Mé-diterranée était phénicienne, et l’on y voyait, entre autres,les villes de Carthage et d 'Clique. Ils avaient également descolonies dans l’Espagne méridionale, et même au moins uneau delà de l’Océan, celle de Gadès, ou Cadix, qui a conservéplus que toute autre ville en Europe le nom et l’importancequ’elle avait à une époque aussi reculée.

Toutes ces contrées échappaient donc à la colonisationgrecque ; en Sicile et dans l’île de Chypre les Grecs s’im-plantèrent concurremment avec les Phéniciens, et il y eutune longue lutte entre les colons des deux nations. EnÉgypte, nous trouvons bien aussi quelques colons grecs, maisaucune colonie dans le sens strict de ce mot, c’est-à-direaucune trace de républiques grecques vraiment indépen-dantes. La seule partie du littoral méridional de la Médi-terranée qui s’ouvrit à la colonisation grecque était compriseentre l’Égypte et les possessions carthaginoises, et il s'y