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Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
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COMMENCEMENTS DES ÉTATS DE L'EUROPE MODERNE. 155

Cependant, dans la suite, Louis donna la Neustrieà son qua-trième fils Charles (857), et l’année suivante, à la mort dePépin à'Aquitaine, il ajouta ce royaume à celui de Charles.C’était là dans son ensemble quelque chose d’approchant duroyaume de France, tel qu’il devait se présenter plus tard,avant cette longue série d’agrandissements faits aux dépensde l’Allemagne et de la Bourgogne. Le royaume ainsi formén’avait aucun nom bien déterminé; il ne correspondait àaucune division nationale, et, bien que la langue romane yfût à la vérité dominante, il ne correspondait à aucune desgrandes divisions de cette langue. C’était un royaume formépar accident, parce que Louis avait voulu augmenter la partde son plus jeune fils. Cependant, c’était bien là le berceaudu royaume de France, quoique ce nom ne dût lui être ap-pliqué que bien plus tard.

Traité de Verdun (843).Partage de l’Empireen trois royaumes. — Le dernier partage, qui eut lieuà Verdun, fit un pas de plus dans la direction de la cartemoderne. Ce partage laissait Charles en possession d’unroyaume qui répondait à peu près à la France, mais tellequ’elle était avant ses nombreux agrandissements auxdépens de la Bourgogne et de l’Allemagne. Il fut égalementl’origine d’un royaume qui répondait à peu près au royaumegermanique avant sa grande extension du côté de l’Est auxdépens des nations slaves. De même que le royaume occi-dental fut formé par l’addition de l’Aquitaine à la Franciaoccidentale, de même le royaume oriental fut formé parl’addition de la Francia orientale à la Bavière. Louis deBavière devint roi d’un royaume que nous sommes tentésd’appeler le royaume d’Allemagne. Mais il serait tout à faitprématuré d’employer le mot de France ou même celui:d’Allemagne, autrement que pour exprimer une idée abso-’lument géographique. Les deux royaumes ainsi formés sontl’un, celui des Francs orientaux, et l’autre, celui des Francsoccidentaux. Cependant, entre ces deux états, la politiqueplaça instinctivement une barrière. L’empereur Lothaire