150 COMMENCEMENTS DES ÉTATS DE L’EUROPE MODERNE.
tenant un état plutôt asiatique qu’européen. En Asie seu-lement il présente une masse assez solide de territoire;ailleurs, ce ne sont que des îles et des bandes de terre lelong des côtes. Cependant, celles-ci n’offraient presque pasde solution de continuité; elles contenaient en outre lesplus grandes villes de la Chrétienté, et elles donnaient à ceuxqui les possédaient une suprématie incontestée sur mer. Sila Méditerranée n’était pas un lac byzantin, la présencedes Sarrasins et les incursions des Normands empêchaientseules qu’il en fût ainsi. Les armées romaines ne devaientpas tarder à se montrer de nouveau redoutables, et sila description de Constantin Porphyrogénète nous montrel’empire à une époque de tranquillité, avant comme aprèslui nous le voyons alternativement perdre et regagner de sapuissance.
Pertes et conquêtes de l’Empire pendant lesneuvième et dixième siècles. — Ainsi, au commen-cement du neuvième siècle, la Crète fut subitement envahieet prise par des aventuriers sarrasins venus d’Espagne(825-960); à peu près à la même époque, commença la lon-gue et lente conquête de la Sicile par les Musulmans (827-965). Mais presque au même moment que la Sicile étaitperdue (vers 902), les possessions de l’Empire étaient con-sidérablement augmentées en Italie, et son influence enDalmatie largement rétablie. C’est à peu près à la mêmeépoque que le Péloponnèse était repris sur les Slaves. LaCrète fut reconquise dans la seconde moitié du dixièmesiècle; de même, la Cilicie, et une partie de la Syrie com-prenant les villes fameuses de Tarse, Édesse, et Antiochesur l’Oronte. Peu après, Basile II renversa le royaume deBulgarie en Europe (981-1018), et celui d 'Arménie en Asie;les pays situés au pied du Caucase reconnurent la supré-matie impériale, et l’autorité de Byzance se fit sentir autourde la plus grande partie du Pont-Euxin. Cherson toutefoisfut perdue (988), et l’ancienne ville mégarienne passa aupouvoir des Russes. A l’autre extrémité de l’Empire, la Sicile