234 LE ROYAUME D'ITALIE DES EMPEREURS ALLEMANDS.
ne sera question actuellement que dans ses rapports avec leroyaume italien des empereurs, réservant pour un autrechapitre l’histoire de ses agrandissements, et celle desdiverses phases après lesquelles elle perdit peu à peu soncaractère bourguignon et prit un caractère italien.
Divisions du royaume. — Le royaume italien desCarolingiens, celui qui fut réuni à l’Allemagne sous Ottonle Grand, était, comme nous l’avons déjà dit, la continuationde l’ancien royaume lombard. Il comprenait ce royaume,agrandi des pays italiens que perdit l’empire d’Orient auhuitième siècle, c’est-à-dire l 'Exarchat et la Pentapole, plusle territoire immédiat de Home.
Le royaume lombard, dans son sens le plus strict, com-prenait les deux provinces au nord du Pô, dans lesquellesnous trouvons, comme dans d’autres régions, une Austrie àl’est et une Neustrie à l’ouest. Il comprenait aussi ÏËmilie,au sud du Pô, — c’est-à-dire le district de Plaisance, Parme,Ileggio et Modène, — et la Toscane. La Toscane, à cetteépoque, ne s’étendait plus jusqu’au Tibre, c’est donc à peuprès avec son sens moderne qu’il faut entendre ce mot.Gomme la province formée par l’Exarchat et la Pentapoleétait celle où avait principalement résidé le gouvernement duprécédent empire d’Occident tant qu’il se maintint en Italie,elle prit le nom de Romania, Romandiola, ou Romagne,nom qui a également survécu.
La Neustrie et l’Austrie lombardes ne tardèrent pas aucontraire à disparaître bientôt de la carte ; et cela est peut-être assez heureux, car autrement, quels arguments n’aurait-on pas pu tirer de la présence d’une Austrie au sud desAlpes? La Neustrie lombarde, jointe à l’Emilie, prit le nomspécial de Lombardie, tandis que l’Austrie lombarde, aprèsavoir porté différents noms empruntés aux principautés quis’élevèrent dans ses limites, retrouva à la fin celui de Vé-nétie qu’elle avait anciennement.
Tout à fait au nord-ouest, Iporédie ou Ivrée formait commeune marche distincte, mais la marche de Vénétie, à l’extré-