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Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
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LE ROYAUME D'ITALIE DES EMPEREURS ALLEMANDS. 257

Lombardie, dans le sens restreint de ce mot, et dans la-quelle les villes libres étaient particulièrement nombreuses,bliacune d’elles, vers le milieu du douzième siècle, étaitdevenue réellement une république séparée, reconnaissantla suzeraineté de l’empereur, mais d’une façon toute no-minale. Les cités guelfes étaient contre lui, les cités gi-belines étaient pour lui; mais toutes, en réalité, étaientdes républiques indépendantes. De là vinrent ces longuesguerres entre les empereurs de la maison de Souabe etles villes italiennes, guerres qui remplissent la secondemoitié du douzième siècle et la première moitié du trei-zième, et qui forment le caractère principal de l’histoireitalienne pendant cette période. Nous voyons autour deMilan, la nouvelle capitale et la première des cités guelfes,et autour de Pavie, l’ancienne capitale et la première descités gibelines, une multitude de noms fameux tels queCorne, Bergame, Brescia, Lodi, Crema et Cremone, Tortona,Plaisance, Parme et Alexandrie, cette dernière, trophéede la résistance des républiques et du pape à l’empereur( 1168 ).

Dans la marche véronaise nous trouvons moins de villesayant la même importance historique ; cependant Vérone etPadoue furent les premières à se former en républiques, lespremières aussi à avoir des tyrans. En s'avançant davantageau nord et à J'est, l’élément urbain redevenait plus faible.Trente se sépara peu à peu de -l’Italie pour devenir uneprincipauté ecclésiastique du royaume.germanique, et lespatriarches d ’Aquilée devinrent des princes puissants aunord-est de ‘l’Adriatique. Avant de quitter la marche véro-naise ou trévisane, il nous faut parler des seigneurs deRomano et des marquis d 'Este plus importants encore.Itomano donna à la marche trévisane son fameux tyranEccelino à l’époque de l’empereur Frédéric II; et les marquisd’Este, alliés aux -grands ducs saxons, arrivèrent à prendrerang, avec le temps, parmi les principaux princes italiens.Quant à l'extrémité nord-est de cette marche, elle se détacha