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Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
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256 LE ROYAUME D’ITALIE DES EMPEREURS ALLEMANDS.

II

L'ITALIE IMPÉRIALE DE 962 A 1250

Les princes féodaux et les villes libres dunord de l’Italie. — Guelfes et Gibelins. — Sousles empereurs saxons et franconiens, les anciens noms lom-bards de Neustrie et d’Emilie disparaissent. Le long de lafrontière bourguignonne, il y avait plusieurs petites marches,celle de Savone sur la côte, celle d ’lvrée au milieu desmontagnes du nord-ouest, et entre elles deux, les princesde Montferrat, Vaslo et Suse dont le rôle était de surveillerle passage entre les deux royaumes, et qui, à ce titre,étaient marquis en Italie. Ce fut dans cette région que lesprinces féodaux acquirent le plus de puissance, et que lesystème des villes libres eut son plus petit développement.La domination savoisienne commençait déjà à prendre del'importance à l’extrémité nord-ouest; mais, à cette époque,les marquis de Montferrat jouaient un plus grand rôle dansl’histoire strictement italienne, et ils conservèrent pendantplusieurs siècles (958-1553) leur position de princes féodauxtout à fait en dehors des seigneurs des villes.

Au nord-est du royaume, l’ancienne Austrie fut rem-placée par des principautés où l’Italien, l’Allemand et leSlave se trouvaient en contact, et qui dépendirent tantôt del’une, tantôt de l’autre des deux couronnes d’Italie et d’Alle-magne. Il y avait dans cette région la grande marche deVérone; plus loin celle du Frioul; Trente entre Vérone etla Bavière, et la presqu'île istrienne sur la rive slave del’Adriatique.

Entre ces deux districts de principautés frontières, situésl'un au nord-ouest et l’autre au nord-est, s’étendait la