LE ROYAUME D’ITALIE DES EMPEREURS ALLEMANDS. 239
Pérouse obtint une grande place parmi les villes italiennes,à la fois comme république et comme tyrannie.
Quant à Rome, il est presque impossible d’en parler. Sonhistoire tient beaucoup de place, mais sa géographie seréduit à très peu de chose. Les empereurs y étaient cou-ronnés; les papes y résidaient quelquefois; quelquefois aussielle apparaît de nouveau comme une simple ville latine, enguerre avec Tusculum ou quelque autre de ses anciennesrivales. Les prétentions de ses évêques à fonder un pouvoirtemporel indépendant, prétentions basées sur une successionde dons impériaux et royaux, réels ou déclarés tels, restaienttoujours à l’arrière-plan; mais elles étaient prêtes à se chan-ger en réalité, à la première occasion.
III
FORMATION DES PRINCIPAUTÉS ITALIENNES (1250-1530)
Affaiblissement de l’autorité impériale en
Italie. — La seconde période de la géographie politique del'Italie commence à la mort de Frédéric II, alors que lesempereurs ont pour ainsi dire perdu tout pouvoir dans leurroyaume d’Italie. Les républiques vont alors se changer pro-gressivement en tyrannies dont la plupart se grouperontpour former des états plus considérables. Les papes vontégalement viser d’une manière plus définie à l’établissementde leur pouvoir temporel. Pendant les trois cents ans quis’écoulent du règne de Frédéric II à celui de Charles-Quint,l’aspect du royaume d’Italie va changer graduellement, et ilfinira par devenir une collection de principautés au milieudesquelles subsisteront seulement quelques républiques oli-garchiques et la domination quelque peu anormale de Venisesur le continent. Pendant ce laps de temps, nous pouvons