244 LE ROYAUME D'ITALIE DES EMPEREURS ALLEMANDS.
cela n'était pas douteux, était ville de l’empire, tandis queI'errare était alors considérée comme relevant de la supré-matie du pape. Le marquis Borso eut donc à demander sonélévation au rang ducal à deux suzerains distincts. Il futcréé duc de Modène et de Reggio par l’empereur (1455), etensuite duc de Ferrare par le pape (1471). Cette différencede tenure amena, comme nous le verrons dans la suite, laruine de la maison d’Este.
Vers le milieu du quinzième siècle, les possessions de lamaison d’Este formaient deux groupes séparés : à l’ouest,le duché de Modène et de Reggio; à l’est, le duché deFerrare, lequel, peu de temps après sa création, fut diminuédu district frontière de Rovigo au profit de Venise (1484).
Principautés de la Romagne. — Commen-cements des États de l’Église. — Entre les deuxgrands-duchés de la maison d’Este se trouvait Bologne.Comme beaucoup d’autres villes italiennes, les républiquesde l’exarchat et de la pentapole se changèrent en tyrannies,et leurs petits princes furent renversés les uns après lesautres par la puissance croissante des papes. Chaque villeavait sa dynastie ; mais quelques-unes seulement, comme lesBentivoglio à Bologne, les Baglioni à Pérouse et les Malatestaà Rirnini, acquirent une certaine importance historique. LesMontefeltro, seigneurs d'Urbin, virent en outre leur titre deducs reconnu par le pape (1478). Après eux, le duché passaà la maison de la Rovère (1508) et il eut une certaineimportance sous cinq princes des deux dynasties.
Peu à peu, par des annexions successives, la dominationdes papes s’étendit, avant le milieu du seizième siècle,depuis le Pô jusqu’à Terracine. Ferrare et Urbin restaienttoujours des états distincts, mais ils n’en relevaient pasmoins ouvertement du saint-siège.
Républiques de la Toscane. — En Toscane, leschoses se présentent d’une façon assez différente. La carac-téristique de cette partie de l’Italie, c’était le groupementdes petites villes sous le pouvoir de la plus grande. Là aussi,