286
I,A MA1S0.N DE SAVOIE.
à la France; peu de temps après celte annexion (1555), laSavoie obtint le Faucigny avec Gex et quelques autresdisti'icfs situés au delà du Rhône, en échange de quelquespetits territoires situés dans le Dauphiné.
Tour le Genevois , il y eut une longue lutte qui se termina,au commencement du quinzième siècle, par l’achat du comtéde Genève ('1401); la ville de Genève, restée en dehors decelte transaction, se trouva alors complètement entouréepar le territoire savoisien, et cette position ne tarda pas àchanger complètement les rapports qui existaient entre elleet les comtes de Savoie. Jusqu’alors, dans les luttes intermi-nables qui existaient entre les comtes, les évêques et lescitoyens de Genève, les comtes de Savoie étaient intervenusplus d’une fois comme amis et protecteurs des citoyens deGenève. Maintenant qu’ils étaient devenus voisins immédiatsde la cité, ils ne tardèrent pas à être ses plus dangereuxennemis.
Création du duché de Savoie (141 ï). — L’ac-quisition du Genevois eut lieu pendant le règne du fameuxAmédôe VIII (1591-1451), qui porta le premier le titre de(hic de Savoie à lui conféré par le roi Sigismond (1417), etdevint plus tard l’antipape Félix (1440). Sous son règne, ladomination savoisienne, en tant que celle d’un état situé surles deux versants des Alpes, atteignit sa plus grande éten-due. Elle conservait néanmoins un caractère surtout bour-guignon ; elle avait Chambéry pour capitale, allait des Alpesjusqu’à la Saône, faisait le tour du lac de Genève et s’éten-dait sur les deux rives du lac de Neuchâtel. Eu outre,depuis 1588, la maison de Savoie arrivait aussi jusqu’à lamer par la possession du comté de Nice ; mais, bien que cedernier fut en réalité bourguignon, il doit plutôt, géogra-phiquement, être rangé parmi les possessions italiennes dela maison.
Mais cette grande extension mit la Savoie, du côté del’ouest, en rapports plus étroits avec le plus dangereux deses voisins ; une partie de sa frontière occidentale fut