Buch 
Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
Entstehung
Seite
336
JPEG-Download
 

LE ROYAUME DE FRANCE.

de suzeraineté sur tous les états qui s’étaient formés dansles limites du royaume occidental. Le nom de France ce-pendant, à cette époque, ne signifiait pas autre chose quele territoire immédiat du roi ; cette signification s’étenditen même temps que le domaine royal lui-même, que celafût le résultat de l’incorporation d’un fief ou de l’annexiond’un territoire complètement étranger au royaume. Cesdeux procédés doivent être distingués avec soin, bien qu'ilsaient marché de front pendant des siècles. L’incorporationdes états vassaux fut naturellement le premier mis en œuvre,et nous nous occuperons de lui en premier lieu.

Aspect féodal du royaume. — Parmi les fiefs quifurent successivement annexés, il faut distinguer deux cas :dans l’un, les titulaires sont de grands princes n’accordantà la couronne de France qu’un hommage purement exté-rieur; dans l'autre, de simples comtes dont les possessionsavaient fait partie à l’origine du duché de France, et qu’ilne faut pas confondre cependant avec les tenanciers immé-diats de la couronne, ceux-ci étant vassaux du duc aussibien que du roi. Les ducs et comtes de Bourgogne, A'Aqui-taine, de Toulouse et de Flandre appartiennent à la pre-mière catégorie ; les comtes d'Anjou, de Chartres et deChampagne à la, seconde. C’est aussi à cette dernière qu'ap-partient historiquement la Normandie, car la concession quifut faite à llolf le fut, sans aucun doute, aux dépens du duchéde France ; néanmoins, le duché de Normandie était, enloutes choses, un état véritablement national, n’accordant àla couronne de France qu’un hommage purement extérieur.La Bretagne, pour laquelle ce caractère était encore plusnettement marqué, ôtait considérée, au point de vue del’hommage, comme relevant du duc de Normandie.

JLes douze Pairs. —Au treizième siècle apparaissentles douze pairs, qui sont les plus grands vassaux de lacouronne. Les six pairs laïques étaient les ducs de Bour-gogne, de, Normandie, et d'Aquitaine, les comtes d e Flandre,de Toulouse «t de Champagne. Ce dernier était le seul,