LE ROYAUME DE FRANCE.
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Etat. — H y a cependant une autre distinction à faire,laquelle, pratiquement, a une plus grande importance en-core. La France se détacha de si bonne heure des autrespays qui avaient formé avec elle l'empire franc, qu’elle futà même de former, dès l’origine, non seulement un état,mais encore une nation distincte. Cette séparation arriva àl’époque où les nations européennes étaient en voie de for-mation. Aussi la France est-elle une nation parfaitementdistincte, et l’on n’en peut dire autant des autres états qui seformèrent dans les limites de l’ancien empire franc, parceque leur séparation n’eut lieu que longtemps après. Son his-toire est par conséquent bien différente de celle de l’Autri-che, de la Bourgogne, de la Suisse, et même de l’Italie. Entant qu’état devenu complètement distinct de l’empire, quifut en général le rival et l’ennemi de l’empire et s’agranditconsidérablement à ses dépens, par-dessus tout comme unétat qui se fit à lui-même une existence nationale bien dis-tincte, la France mérite complètement d’avoir un chapitreà part. Ce chapitre vient naturellement à la suite des pagesque nous venons de consacrer aux royaumes de l’empired’Occident et avant celles que nous consacrerons aux étatseuropéens qui sortirent du démembrement de l’empire d’O-rient.
Étendue du domaine royal à l’avènement dela dynastie de Paris (987). — Nous avons laissé laCarolingie, ou royaume occidental, au point où commenceréellement l’État français moderne sous les rois de Paris(987). Le duché de France n’était plus aussi vaste qu’à l'ori-gine, car une grande partie en avait été cédée aux North-mans, et les comtes d 'Anjou, du Maine et de Chartres étaienten réalité devenus indépendants. Par suite de leur électionau royaume occidental, les ducs de France ajoutèrent à leursdomaines le petit territoire qui, jusqu’à cette époque avaittoujours ôté la possession immédiate des rois carolingiensde Laon, et ils héritèrent non seulement de leur couronneet de leur territoire immédiat, mais encore de leur droit